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ADP par visio, ce dimanche 15 novembre.

 

Nous étions une douzaine de personnes à nous connecter ce dimanche matin pour partager la Parole. A la demande des participants à la première ADP, un déroulement avait été envoyé à tous et les rôles avaient été distribués auparavant.

 

Voici une rapide synthèse de notre partage de la Parole

 

1ère lecture : livre des proverbes 31, 10-13.19-20.30-31

À partir de ce texte, sur la "femme parfaite", nous échangeons sur les rôles dans le couple. Pas simple que chacun trouve sa place, spécialement chez les jeunes couples. Cela suppose que chacun reconnaisse la valeur de ce que l'autre fait, quand il le fait, et qui ne le résume pas entièrement. Comme dans l'épisode de Marthe et Marie. On peut opposer les attitudes de Marthe qui agit et de Marie qui contemple et choisir l'une plutôt que l'autre. Mais on peut y voir aussi deux attitudes complémentaires que nous adoptons alternativement, en nous reconnaissant (et en reconnaissant à l'autre) le droit de faire, à certains moments, et celui d'écouter, à d'autres moments.

 

2ème lecture 1 Th 5, 1-6

La lecture prolonge celle de dimanche dernier. C'est un appel à la vigilance et à garder la foi. 

Appel à la vigilance dans notre société, encouragement pour les Chrétiens à être vigilants, au quotidien, en s'engageant, en étant solidaires les uns des autres.

Appel à garder la foi et à la transmettre, lorsque la vie nous réserve des surprises alors que l'on aspirait à être tranquille. La foi permet de faire confiance et d'avancer avec sérénité. Elle est une chance.

Elle demande à être entretenue: on a besoin de moments d'intériorisation, où l'on plonge en soi, où on peut faire le black-out pour se fortifier, mais aussi de moments de rencontre qui peuvent être des moments de ressourcement. 

La prière permet ce ressourcement.

 

Evangile Mat 25, 14-30

Quelle lecture faire de cette parabole des talents? 

Elle peut être lue comme scandaleuse, vrai éloge du capitalisme financier, promouvant les inégalités, où celui qui a peu est dépossédé du peu qu'il a. 

Même scandale pour ceux qui s'attachent à développer les talents, les compétences, de ceux qui sont moins bien doués, cet Evangile semblant promouvoir une attitude inverse.

Gêne encore de certains d'entre nous devant l'image d'un Dieu qui demande des comptes.

Mais l'évangile ne parle pas seulement de talents, il met en avant des relations et particulièrement la relation de confiance : le maître part en "confiant" ses biens à ses serviteurs. Les deux premiers sont dans cette relation de confiance, le dernier, lui, dans une relation de méfiance. Et l'on sait combien la méfiance peut être destructrice de liens sociaux, peut être excluante, pour les autres mais aussi pour soi.

Méfiance vis-à-vis de l'autre, méfiance vis-à-vis de Dieu, comme celle que le serpent instille dans le coeur d'Adam et d'Eve, méfiance qui conduit à la mort: "c'est par l'envie du diable que la mort est entrée dans le monde."(Sg 2, 24)

Enfin, les talents sont différents et font la richesse du corps du Christ. Chacun est un membre du corps au service des autres. On ne peut pas vivre tout seul.

 

Même la lecture de la Parole est plus riche quand elle se fait à plusieurs, comme dans cette ADP.

 

Après cette ADP, je suis tombé sur ce texte de Grégoire le Grand qui affirmait déjà au VIème siècle :

«Bien des passages du texte sacré, que je n'ai pu comprendre seul, m'ont livré leur sens en présence de mes frères. Et en les comprenant, j'ai tâché de comprendre aussi par les mérites de qui cette lumière m'était donnée.» (cité par Enzo Bianchi, les enjeux de la lectio divina p.66.)

 

Voir encore le commentaire plein d'humour de cette parabole par le frère Benoît (abbaye de Maelis).

https://www.abbayedemaylis.org/2020/11/05/revelation-sur-la-paresse/#sdfootnote1anc